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L'avenir du théâtre appartient à ceux qui n'y vont pas.
C'est par cette formule qu'il y a plus de 50 ans le metteur en scène Gabriel Garran, fondateur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers entendait donner ses lettres de noblesse à un Théâtre du peuple. A l'heure de la dissolution des solidarités et de l'émergence de nouvelles fractures sociales, cet horizon est plus que jamais nécessaire. Bien-sûr, les pratiques culturelles et les formes artistiques ont changé. Mais l'ambition doit demeurer. C'est précisément celle que nous soutenons aujourd’hui fortement à travers le projet réjouissant du Théâtre Brétigny, scène conventionnée reconnue d'intérêt national. Avec une saison buissonnière riche de sa diversité, des aventures que l'on ne voit nulle part ailleurs, une politique tarifaire des plus attractives, des actions d'éducation artistique et culturelle innovantes, le partage du sensible est rendu possible à tous, avec tous, pour tous. Gageons que cette saison nous réserve encore de joyeuses surprises et de stimulantes rencontres. Profitons-en, c'est merveille que d'être ensemble.

Éric Braive
Président de Coeur d’Essonne Agglomération

Marjolaine Rauze
Vice-présidente culture

 

ll n'y a pas de fumet sans feu.
Elles sont aussi anciennes que l’humanité. En un siècle, entre 1820 et 1920, elles ont permis à 55 millions d'Européens de vivre le rêve américain. Elles ont aidé à l'émancipation de femmes parties nombreuses du Vieux Continent avec pour seul passeport un billet de bateau à vapeur. Elles ont débuté lorsque l'Homme commençait à se mouvoir de son Afrique natale peuplant progressivement le Proche-Orient, l’Asie et l’Europe. Elles sont donc bien nées il y a plus d'1,8 million d’années avec notre ancêtre Homo sapiens. Les migrations. Si l'Homme a survécu à ces événements et peuplé la planète entière comme nulle autre espèce, c'est sans doute parce qu'il a apprivoisé le feu, développé une immense capacité à coopérer et inventé des armes de jet révolutionnaires. Si loin si proche, la solidarité et la loi du plus fort seraient donc l'ADN de l'humanité. Alors, aujourd’hui, pour les sédentaires, rien ne va plus ? Il faudrait se méfier de tout et de tous, des mouvements des vagues comme des migrants, ériger des barrières contre le vent en pleine catastrophe climatique, accabler les nouveaux arrivants de tous les maux, organiser des charters retour à la case départ, passez votre tour jusqu’à la prochaine guerre du feu ? Si les jeux sont faits, gageons que la partie est loin d'être perdue : au domaine de l’illusion, cultivons l'enfant qui joue en nous mais osons dépasser les apparences. Nous savons bien qu'il n'y a pas plus de fumée sans feu que de vérités sans contre-vérités. Attisons les désirs plutôt que les haines, confrontons nos imaginaires, nos pensées, nos papilles. Pourquoi choisir entre le couscous, les moules-frites ou les oeufs en meurette ? Osons les découvertes, les mélanges, les rencontres, pour la beauté du geste.

Le feu qui brûle est aussi celui qui éclaire.
Étienne de la Boétie

Sophie Mugnier
directrice du Théâtre Brétigny,
scène conventionnée d'intérêt national art & création